Les 10 carences les plus fréquentes chez les femmes fatiguées

 

Assiette composée d'aliments riches en nutriments illustrant les principales carences nutritionnelles pouvant contribuer à la fatigue chez les femmes.
Une alimentation variée est essentielle, mais elle ne garantit pas toujours des apports suffisants en tous les nutriments.

 

Vous vous sentez fatiguée sans raison évidente ?
Vous manquez d’énergie alors que vous avez l’impression de manger plutôt correctement ?
Vous avez déjà essayé le magnésium, la vitamine D ou un complexe “fatigue”, avec un résultat décevant ?

Ce sont des phrases que j’entends souvent.

La demande arrive rarement sous la forme : “Je pense avoir une carence précise.” Elle arrive plutôt comme ceci :

“Je suis épuisée, mais je ne comprends pas pourquoi.”
“Mes analyses sont normales, mais je sens bien que quelque chose ne va pas.”
“J’ai déjà pris des compléments, mais je ne sais pas si c’était vraiment adapté.”

Dans ces situations, les carences chez les femmes fatiguées sont une piste importante. Les lister ne suffit pas.

Une carence ne se résume pas à un nutriment qui manque dans l’assiette. Elle peut aussi venir de pertes augmentées, d’une mauvaise absorption, de besoins plus élevés, d’un stress chronique, de règles abondantes, de troubles digestifs ou d’une difficulté à utiliser correctement les nutriments au niveau cellulaire.

Le complément le plus évident n’est pas toujours celui dont la personne a le plus besoin.

C’est là que le travail devient intéressant.

 

À retenir

  • Les carences chez les femmes fatiguées sont fréquentes, surtout quand les besoins augmentent ou que l’absorption est perturbée.
  • Ces carences concernent notamment le magnésium, le fer, les folates, la vitamine B12, la vitamine D, les oméga-3, le zinc, l’iode, la coenzyme Q10 et les protéines.
  • Les vitamines B doivent être précisées : dans la fatigue, on pense surtout aux folates et à la vitamine B12, qui n’ont pas exactement les mêmes implications.
  • Une ferritine, une B12 ou une vitamine D “dans la norme” ne se lisent jamais seules. Le contexte change tout.
  • Se supplémenter au hasard peut faire perdre du temps, surtout avec le fer, l’iode, le zinc ou des doses élevées de vitamine B6.

 

Illustration d'une femme fatiguée entourée d'aliments riches en vitamines, minéraux et protéines, représentant les principales carences nutritionnelles chez les femmes.
Une fatigue persistante peut parfois être le signe d’une ou plusieurs carences nutritionnelles, même lorsque l’alimentation semble équilibrée.

 

Pourquoi peut-on être carencée malgré une alimentation équilibrée ?

La fatigue chez la femme est rarement liée à un seul facteur.

Elle s’installe souvent par couches successives : règles abondantes, sommeil moins réparateur, stress qui dure, digestion perturbée, alimentation moins dense, charge mentale, périménopause, reprise du sport, post-partum, régime restrictif.

Une femme peut tenir longtemps comme ça.

Et puis un jour, ça ne passe plus.

Je retrouve souvent un même décalage : la personne pense “je mange équilibré”, mais quand on détaille les repas, les apports réels ne couvrent pas toujours les besoins. Le petit-déjeuner est parfois un café avec deux tartines. Le déjeuner, une salade. Le soir, un repas plus complet.

Visuellement, cela paraît raisonnable.

Fonctionnellement, les apports en protéines, fer, zinc, oméga-3 ou magnésium sont souvent insuffisants.

 

Autre situation fréquente : les apports sont corrects, mais l’absorption ne suit pas.

Ballonnements, reflux, constipation, alternance diarrhée-constipation, inconfort après les repas : ces signes ne sont pas des détails. Ils peuvent modifier l’assimilation du fer, de la B12, du zinc, des acides gras ou des protéines.

La démarche micronutritionnelle commence souvent ici : ce que vous mangez, ce que vous absorbez, ce que vous utilisez vraiment.

 

Vous pouvez manger “correctement” et manquer de certains nutriments essentiels.

C’est souvent une première surprise. La deuxième est plus dérangeante : le marqueur le plus bas sur le papier n’est pas toujours celui qui explique le mieux la fatigue ressentie.

 

Les 10 carences chez les femmes fatiguées à explorer en priorité

Chaque élément est un maillon clé d’un système qui peut dysfonctionner.

Les interactions entre les différents systèmes sont nombreuses et des carences cumulées peuvent avoir des conséquences multiples.

Dix bols d’aliments riches en nutriments disposés autour d’une loupe, symbolisant les carences à explorer chez les femmes fatiguées.
Les carences sont des pistes à hiérarchiser, pas une liste automatique de compléments.

1. Magnésium : fatigue nerveuse, stress et sommeil léger

Le magnésium est souvent le premier complément acheté quand la fatigue s’installe.

C’est logique : il participe à de nombreuses réactions enzymatiques, au fonctionnement musculaire, à l’équilibre du système nerveux et à la production d’énergie.

Mais il y a un piège : si le magnésium est quasiment toujours nécessaire, il n’est souvent pas suffisant.

Si une femme prend du magnésium depuis plusieurs semaines sans aucun effet, cela ne veut pas dire qu’il n’est pas utile.

Parfois des problèmes d’assimilation peuvent se poser, en particulier selon la forme de magnésium choisie pour la complémentation.

Mais une fatigue liée à une ferritine basse, une B12 insuffisante, une alimentation pauvre en protéines, une inflammation digestive ou une thyroïde ralentie ne disparaîtra pas simplement avec du magnésium.

Donc oui, le magnésium peut aider.

Mais quand la fatigue raconte autre chose, il plafonne vite.

 

2. Fer : règles abondantes, ferritine et fatigue physique

Le fer mérite plus de place que beaucoup d’autres nutriments dans un article sur la fatigue féminine.

Les règles abondantes sont l’une des principales causes de déficit en fer chez la femme avant la ménopause. Et ce déficit ne commence pas le jour où l’anémie apparaît.

Bien avant, les réserves peuvent déjà baisser.

C’est là que la ferritine devient intéressante. Elle donne une indication sur les réserves en fer. Une ferritine basse ou limite peut être associée à une fatigue importante, même lorsque l’hémoglobine reste dans les normes. Des travaux ont montré qu’une supplémentation en fer pouvait améliorer une fatigue inexpliquée chez des femmes non anémiques, surtout lorsque la ferritine était basse ou limite (1).

Quand je lis une ferritine, je ne la regarde jamais comme un chiffre isolé.

Une ferritine “dans la norme” n’a pas la même signification chez une femme sportive, une femme avec des règles abondantes, une femme qui mange peu de viande, une femme en post-partum ou une femme ménopausée avec de l’inflammation. Le contexte change l’interprétation.

La fatigue liée au fer est souvent plus physique que nerveuse : jambes lourdes, essoufflement inhabituel, palpitations, besoin de s’allonger, récupération lente après l’effort, chute de cheveux parfois associée.

Une erreur fréquente est de prendre du fer “pour essayer”.

Le fer n’est pas un complément anodin. Il faut comprendre les pertes, vérifier les réserves, tenir compte de l’inflammation et surveiller la tolérance digestive. Une supplémentation mal indiquée peut être inutile, mal tolérée, voire problématique en générant une oxydation cellulaire délétère.

Avec le fer, la bonne question n’est pas seulement : “est-ce bas ?” C’est : “pourquoi les réserves baissent-elles, et dans quel contexte ?”

 

3. Folates : fatigue, globules rouges et méthylation

Les folates, ou vitamine B9, sont souvent rangés dans le grand sac des “vitamines B”. C’est pratique, mais pas assez précis.

Ils participent à la formation des globules rouges, au renouvellement cellulaire et à certaines réactions de méthylation. Ce dernier terme peut sembler technique. En pratique, il renvoie à des fonctions très concrètes : fabriquer, réparer, transformer, réguler.

Les besoins en folates sont particulièrement importants en désir de grossesse et pendant la grossesse. Mais ils peuvent aussi devenir un sujet chez des femmes fatiguées avec alimentation peu diversifiée, troubles digestifs, consommation régulière d’alcool, ou contexte inflammatoire.

Les folates ont leur propre biologie (2) et fonctionnent en lien étroit avec la vitamine B12 (3). C’est précisément pour cela qu’il faut éviter de corriger une “vitamine B” sans savoir laquelle est concernée.

Deux vitamines du même groupe peuvent raconter deux histoires différentes.

 

4. Vitamine B12 : fatigue profonde, cerveau et système nerveux

La vitamine B12 intervient dans le fonctionnement du système nerveux, la formation des globules rouges et certaines réactions métaboliques.

Quand elle manque, la fatigue peut être profonde. Elle peut s’accompagner de brouillard mental, troubles de mémoire, baisse de concentration, humeur plus fragile, fourmillements ou sensations neurologiques inhabituelles.

On pense souvent à la B12 chez les personnes végétariennes ou végétaliennes. C’est juste, mais incomplet.

L’absorption de la B12 dépend beaucoup du système digestif. Certains traitements peuvent aussi jouer, notamment les inhibiteurs de pompe à protons au long cours ou la metformine. Même chose pour certaines gastrites, l’âge, les troubles digestifs ou des antécédents chirurgicaux.

La carence ne vient pas toujours de l’assiette. Parfois, elle vient du trajet entre l’assiette, l’estomac, l’intestin et les traitements pris depuis des années.

Une B12 “normale” n’exclut pas toujours un problème fonctionnel. Selon le contexte, il peut être utile de regarder plus largement : symptômes neurologiques, alimentation, digestion, folates, homocystéine, traitements, antécédents.

C’est typiquement le genre de sujet où la lecture du bilan doit rester clinique.

 

5. Vitamine D : immunité, muscles et fatigue diffuse

La vitamine D revient très souvent dans les bilans de fatigue.

Elle intervient dans l’immunité, le fonctionnement musculaire, l’inflammation, la santé osseuse et plusieurs mécanismes de régulation. Une insuffisance peut s’associer à une fatigue diffuse, des douleurs, une moindre récupération ou une fragilité immunitaire. Une étude randomisée a montré qu’une correction d’un déficit en vitamine D pouvait améliorer la fatigue perçue chez des personnes carencées (4).

En 2012, l’Académie Nationale de Médecine a établi que 43 à 50% de la population générale est carencée.

Même à La Réunion, le soleil ne suffit pas. Exposition réelle, phototype foncé ou clair, peau couverte, horaires d’exposition, photoprotection, travail en intérieur : tout cela change la donne.

Je regarde rarement un dosage de vitamine D sans regarder le contexte : niveau d’inflammation, digestion, exposition solaire, apports alimentaires, magnésium, fonction rénale, douleurs ou terrain hormonal.

La vitamine D est une pièce centrale du puzzle, notamment dans les fatigues féminines avec douleurs, baisse d’immunité ou fluctuations hormonales.

C’est un sujet que je relie souvent à la fatigue hormonale chez la femme.

 

6. Oméga-3 : inflammation, cerveau et récupération

Les oméga-3 ne se présentent pas toujours comme une “carence” classique dans les analyses courantes. Pourtant, les apports sont souvent insuffisants.

C’est pourquoi leur dosage est un examen de routine important en santé fonctionnelle. C’est ce que l’on appelle le PAGE, le profil des acides gras érythrocytaires.

En effet, ils participent à la qualité des membranes cellulaires, au fonctionnement cérébral et à la régulation de l’inflammation (5). Quand l’alimentation contient peu de poissons gras, peu d’œufs de qualité et beaucoup d’huiles riches en oméga-6, l’équilibre peut devenir nettement défavorable.

Chez certaines femmes, je pense aux oméga-3 quand la fatigue s’accompagne de douleurs, d’une récupération lente, d’une humeur instable, de brouillard mental ou de symptômes prémenstruels. Ce n’est pas forcément la première piste à corriger, mais c’est souvent une partie du terrain. Je proposerai souvent une complémentation si le PAGE est déséquilibré.

Le lien avec le syndrome prémenstruel est intéressant, surtout quand l’inflammation, les douleurs ou les variations d’humeur sont au premier plan.

 

7. Zinc : immunité, peau, hormones et digestion

Le zinc est discret. On ne vient presque jamais consulter “pour le zinc”.

Pourtant j’y pense quand une femme cumule fatigue, ongles cassants, peau qui cicatrise mal, infections répétées, troubles digestifs et alimentation très végétale ou restrictive.

Je le garde aussi en tête quand l’assiette contient peu de produits animaux, beaucoup de céréales ou légumineuses, et peu d’aliments denses en micronutriments. Dans ce cas, le problème n’est pas forcément “le zinc” isolé. C’est parfois toute la densité nutritionnelle du repas qui est trop faible.

Pas comme priorité automatique.

Comme pièce possible du terrain.

 

8. Iode : thyroïde, métabolisme et prudence

L’iode est indispensable à la fabrication des hormones thyroïdiennes. Et la thyroïde influence directement le métabolisme, l’énergie, la température corporelle, le transit, la peau, les cheveux et parfois l’humeur.

Un déficit en iode contribue souvent à une production insuffisante d’hormones thyroïdiennes (6). Mais c’est un nutriment à manier avec prudence.

En pratique, je ne conseille pas l’iode comme un simple “complément fatigue”. Il faut être prudent, vérifier son taux dans les urines, et tenir compte du contexte.

La thyroïde dépend aussi du fer, du zinc, du sélénium, du stress, de l’inflammation, de l’auto-immunité et de la conversion hormonale.

Si la fatigue s’accompagne de frilosité, constipation, ralentissement, peau sèche ou chute de cheveux, la thyroïde mérite d’être regardée. Pas seulement avec l’iode. Avec les symptômes, les bilans déjà faits, les antécédents et tout le contexte de la personne.

En cas de thyroïdite, nodules, traitement thyroïdien ou antécédents familiaux, l’iode mérite un raisonnement individualisé et des bilans plus poussés.

 

9. Coenzyme Q10 : mitochondries et énergie cellulaire

La coenzyme Q10 participe au fonctionnement des mitochondries, ces organites cellulaires impliquées dans la production d’énergie.

Quand une femme décrit une sensation de “batterie vide”, une récupération très lente ou une fatigue qui semble dépasser la simple question du sommeil, la piste mitochondriale peut être intéressante. Une méta-analyse d’essais randomisés a suggéré un effet favorable de la supplémentation en coenzyme Q10 sur les symptômes de fatigue (7).

C’est une piste que j’explore très souvent dans les bilans fonctionnels.

Mais avant de penser Q10, je vérifie les bases plus fréquentes : fer, protéines, vitamine D, B12, sommeil, digestion, inflammation, thyroïde.

Elle devient particulièrement intéressante quand la plainte principale est la récupération : effort mal toléré, impression de batterie vide, fatigue qui explose après une journée pourtant “normale”.

La question mitochondriale devient un élément prépondérant dans la médecine fonctionnelle.

Plusieurs travaux récents suggèrent qu’un dysfonctionnement mitochondrial pourrait contribuer au développement de nombreuses maladies chroniques.

Cette vision est notamment développée par le Pr Vincenzo Castronovo dans son ouvrage Mitochondries – Sources d’énergie, de santé et de longévité (8).

 

10. Protéines et acides aminés : la carence oubliée

Les protéines ne sont pas des micronutriments. Pourtant, chez les femmes fatiguées, leur insuffisance est l’une des pistes que je trouve les plus sous-estimées.

Il n’est pas rare qu’une patiente me décrive une journée alimentaire qui semble “saine” : café ou thé le matin, tartines ou fruit, salade à midi, repas plus complet le soir.

Rien de choquant en apparence.

Puis on regarde les apports.

Les protéines sont parfois très basses, surtout au petit-déjeuner et au déjeuner.

Or les acides aminés servent à maintenir la masse musculaire, fabriquer des enzymes, soutenir l’immunité, produire certains neurotransmetteurs et stabiliser la satiété. Des apports protéiques insuffisants peuvent favoriser la fonte musculaire, les fringales, la récupération lente, la baisse de tonus et cette impression de ne jamais être vraiment nourrie.

Chez les femmes après 40 ans, le sujet devient encore plus important. La masse musculaire devient un enjeu majeur pour l’énergie, le métabolisme, l’équilibre glycémique et l’autonomie future.

Je le vois chez des femmes qui reprennent le sport, marchent beaucoup, font du renforcement ou du yoga, mais mangent encore comme si elles devaient surtout “faire léger”. Le corps demande alors de reconstruire avec trop peu de matériaux.

Les recommandations autour de la fonction musculaire avec l’âge insistent d’ailleurs sur l’importance d’apports suffisants en protéines, associés à l’activité physique (9).

C’est souvent une révélation pendant l’échange : la fatigue ne vient pas toujours d’un micronutriment rare. Elle vient parfois d’une architecture des repas inadaptée : repas trop léger, répété chaque jour.

 

Pourquoi ces carences passent souvent inaperçues ?

nfographie montrant le trajet des nutriments depuis l’assiette vers la digestion puis l’énergie cellulaire.
Ce que l’on mange doit encore être digéré, absorbé et utilisé par les cellules.

La première raison est simple : on ne cherche pas toujours les bons marqueurs.

Une fatigue peut être explorée avec quelques analyses de base. Elles sont utiles, bien sûr.

Mais elles ne suffisent pas à comprendre une fatigue fonctionnelle, surtout quand les résultats sont “dans la norme” du laboratoire mais pas forcément dans les valeurs optimales pour la personne.

Je développe ce point dans mon article consacré aux femmes fatiguées malgré des analyses normales.

Une norme biologique correspond souvent à une fourchette statistique. Elle ne dit pas toujours si l’organisme fonctionne de manière optimale.

 

La deuxième raison est que les marqueurs ne parlent pas seuls :

  • Une ferritine se lit avec les règles, l’inflammation, l’alimentation et les symptômes.
  • Une B12 se lit avec la digestion, les signes neurologiques et parfois d’autres marqueurs.
  • Une vitamine D se lit avec l’exposition solaire, le terrain inflammatoire, le magnésium, la fonction rénale et les douleurs.
  • Une TSH se lit avec la clinique, pas seulement avec l’étoile du laboratoire.

On ne trouve que ce que l’on cherche. Et on comprend rarement un bilan en lisant les chiffres un par un.

 

La troisième raison est digestive.

Un nutriment peut être présent dans l’assiette, mais mal absorbé. C’est fréquent lorsqu’il existe des ballonnements, une inflammation digestive, un transit perturbé, une prise prolongée de certains médicaments, ou une alimentation peu variée.

Enfin, certaines femmes ont déjà essayé “un peu de tout” : magnésium, Vitamine D, Fer, Multivitamines, Plantes, Cure détox, Probiotiques …

Leur motivation est souvent réelle. Le point faible se situe plutôt dans l’absence de hiérarchie.

Quand tout est essayé en même temps, il devient difficile de savoir ce qui aide, ce qui ne sert à rien, et ce qui masque le vrai sujet.

 

Comment corriger ces carences sans se supplémenter au hasard ?

Bureau de consultation avec bilan biologique flouté, carnet et assiette riche en nutriments pour illustrer la priorisation des carences.
La priorité n’est pas d’empiler les compléments, mais de replacer les signes dans le bon ordre.

Je commence toujours par revenir au réel.

Pas à l’alimentation idéale. Pas à la théorie. Au réel.

  • Que mangez-vous au petit-déjeuner ?
  • Combien de protéines dans la journée ?
  • Les règles sont-elles abondantes ?
  • La digestion est-elle confortable ?
  • Le sommeil est-il réparateur ?
  • La fatigue est-elle physique, nerveuse, cyclique, digestive, hormonale ?

 

Ensuite, il faut prioriser.

Chez une femme avec règles abondantes, essoufflement et chute de cheveux, je ne vais pas commencer par la coenzyme Q10.

Chez une femme qui mange très peu de protéines, je ne vais pas chercher immédiatement un complément complexe.

Chez une femme qui a des ballonnements importants, je vais me demander ce qu’elle absorbe réellement.

C’est ce travail de priorisation qui manque souvent dans les approches “complément alimentaire”.

Une complémentation peut être très utile lorsqu’elle est ciblée. Elle devient moins pertinente quand elle ne répond qu’à un symptôme isolé, sans tenir compte du terrain.

Fer, iode, vitamine D à doses élevées, zinc prolongé, complexes multiples : tout cela mérite d’être replacé dans une stratégie cohérente.

 

Quand consulter en micronutrition pour une fatigue liée aux carences ?

Il peut être utile de consulter lorsque la fatigue dure, s’aggrave, revient par cycles ou résiste aux changements simples. C’est aussi pertinent si vous avez :

  • des règles abondantes,
  • un sommeil non réparateur,
  • des troubles digestifs,
  • des symptômes avant les règles,
  • une fatigue après 40 ans,
  • une sensation de ralentissement,
  • une difficulté à récupérer,
  • des analyses “normales” qui ne correspondent pas à votre ressenti.

Dans ce cas, chercher “le bon complément” au hasard fait souvent perdre du temps.

Le but est de comprendre le terrain : pertes, apports, digestion, hormones, stress, sommeil, activité physique, inflammation, mitochondries, thyroïde.

C’est exactement l’esprit d’une consultation pour fatigue chronique chez la femme : remettre les signes dans l’ordre avant de décider quoi corriger.

 

FAQ – Carences chez les femmes fatiguées

Quelles carences donnent de la fatigue ?

Les carences les plus souvent associées à la fatigue concernent le fer, le magnésium, la vitamine D, les folates, la vitamine B12, les oméga-3, le zinc, l’iode, la coenzyme Q10 et parfois les protéines. Leur impact dépend du niveau de déficit, mais aussi du contexte hormonal, digestif, inflammatoire et alimentaire.

Le magnésium peut-il réduire la fatigue ?

Le magnésium peut aider lorsque la fatigue est liée au stress, aux tensions musculaires, à l’irritabilité ou à un sommeil léger. Il sera beaucoup moins efficace si la fatigue vient principalement d’une ferritine basse, d’un manque de protéines, d’une B12 insuffisante ou d’un problème thyroïdien.

Comment savoir si on manque de fer ?

Un manque de fer peut évoquer une fatigue physique, un essoufflement inhabituel, des règles abondantes, une chute de cheveux ou une récupération difficile. La ferritine aide à évaluer les réserves, mais elle doit être interprétée avec le contexte clinique. Une supplémentation en fer doit être évitée sans bilan adapté.

Peut-on être carencée avec une bonne alimentation ?

Oui, c’est possible. Les besoins peuvent être augmentés par les règles, le stress, le sport, la grossesse, l’allaitement ou une période de récupération. L’absorption peut aussi être perturbée par des troubles digestifs, une inflammation ou certains médicaments.

Quelle est la carence la plus fréquente chez les femmes fatiguées ?

Il n’y a pas une seule réponse valable pour toutes les femmes. Le fer revient souvent, surtout en cas de règles abondantes. Mais le magnésium, la vitamine D, les folates, la B12 et les protéines sont aussi très fréquents selon les profils.

Combien de temps faut-il pour corriger une carence ?

Cela dépend du niveau de carence, de la cause, de l’absorption digestive et de la capacité de l’organisme à utiliser le nutriment concerné. Certaines améliorations peuvent apparaître en quelques semaines, mais la reconstitution des réserves peut demander plusieurs mois. Après une complémentation ciblée, il est souvent utile de vérifier si le niveau attendu est atteint.

 

En résumé

La recherche des carences nutritionnelles chez les femmes fatiguées servent surtout à ouvrir des pistes, pas à dresser une liste de compléments à prendre.

Elles sont plutôt des portes d’entrée.oui

Elles permettent de comprendre pourquoi le corps manque d’énergie : pertes trop importantes, apports insuffisants, digestion fragile, besoins augmentés, inflammation, sommeil non réparateur, hormones, thyroïde, mitochondries, masse musculaire.

Si vous avez déjà essayé magnésium, vitamine D, fer ou multivitamines sans comprendre ce qui vous aide vraiment, il est peut-être temps d’arrêter d’empiler les compléments.

Le vrai sujet est souvent de remettre les signes dans l’ordre : pertes, apports, digestion, hormones, sommeil, inflammation, thyroïde, récupération.

C’est précisément ce travail d’enquête que je propose en consultation.

 

Si vous vous reconnaissez dans ces symptômes, il peut être utile d’explorer votre situation de manière globale afin d’identifier les leviers d’amélioration adaptés.

Comprendre est souvent la première étape vers plus d’énergie et de clarté.

Chaque parcours mérite une écoute et une approche individualisée.

Les informations présentées sur ce site ont une vocation informative et éducative.

Elles ne constituent pas une consultation médicale et ne remplacent pas un avis personnalisé avec un professionnel de santé.

 

Références scientifiques

(1) Verdon F, Burnand B, Stubi CLF, et al. Iron supplementation for unexplained fatigue in non-anaemic women. BMJ. 2003;326:1124.

(2) Bailey LB, Stover PJ, McNulty H, et al. Biomarkers of Nutrition for Development-Folate Review. Journal of Nutrition. 2015;145(7):1636S-1680S.

(3) O’Leary F, Samman S. Vitamin B12 in Health and Disease. Nutrients. 2010;2(3):299-316.

(4) Nowak A, Boesch L, Andres E, et al. Effect of vitamin D3 on self-perceived fatigue: A double-blind randomized placebo-controlled trial. Medicine. 2016;95(52):e5353.

(5) Calder PC. Omega-3 fatty acids and inflammatory processes. Nutrients. 2010;2(3):355-374.

(6) Zimmermann MB. Iodine deficiency. Endocrine Reviews. 2009;30(4):376-408.

(7) Tsai IC, Hsu CW, Chang CH, Tseng PT, Chang KV. Effectiveness of Coenzyme Q10 Supplementation for Reducing Fatigue: A Systematic Review and Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials. Frontiers in Pharmacology. 2022;13:883251.

(8) Castronovo V. Mitochondries – Sources d’énergie, de santé et de longévité. Éditions Trédaniel, 2026, 256 p. ISBN 978-2-8132-3667-8

(9) Deutz NEP, Bauer JM, Barazzoni R, et al. Protein intake and exercise for optimal muscle function with aging. Clinical Nutrition. 2014;33(6):929-936.

 

À propos de l’auteur

Arnaud Brun est docteur en pharmacie spécialisé en micronutrition, et moniteur de Hatha Yoga.

Il s’intéresse particulièrement aux interactions entre alimentation, activité physique, métabolisme et santé hormonale.

© Arnaud Brun – Tous droits réservés.
Les contenus de ce site peuvent être reproduits ou cités à condition de mentionner clairement la source :
Dr Arnaud Brun – Micronutrition & Vitalité – lien vers l’article original.
Toute reproduction intégrale ou utilisation commerciale nécessite une autorisation préalable.

Si vous avez aimé l'article, vous êtes libre de le partager ! :-)